En Afrique comme ailleurs pas de démocratie sans alternance !

Publié le par Etienne Lozay

Ce rapport est l’oeuvre collective d’une dizaine d’auteurs, en France et en Afrique dont le CCFD-Terre Solidaire. Il a grandement bénéficié de la relecture attentive et des commentaires avisés d’une trentaine de personnes du monde associatif de France, de Belgique, du Gabon, du Congo Brazzaville, du Togo, du Cameroun, du Burkina, de RDC

Le rapport et les recommandations qu’il contient sont l’expression d’un large consensus des organisations qui participent à « Tournons la page ».

Le monde s’était habitué à regarder l’Afrique comme un lieu indistinct de populations
passives, à secourir ou à exploiter. De longue date, et dans chaque pays, les aspirations démocratiques y sont vives, mais on les passait sous silence, à l’instar des manifestations réprimées au Togo en 2005, au Cameroun en 2008, en Ouganda en 2011. Après les mobilisations victorieuses au Sénégal (2012), au Burkina Faso (2014), en République démocratique du Congo (janvier 2015), le monde devra l’entendre : les citoyens d’Afrique veulent tourner la page des régimes autoritaires. Et prendre leur destin en main.

88% des Togolais et 87 % des Gabonais n’ont jamais connu qu’une seule famille au pouvoir… Pourtant ils ne vivent pas dans une monarchie ! Si de nombreux pays d’Afrique souffrent de l’absence d’alternance, ce n’est pas une question de culture, comme voudraient le faire croire les dictateurs. Ce sont des systèmes politiques organisés autour de l’accaparement du pouvoir et des richesses. Dans ce système, qui profite aux dirigeants en place et à leur clientèle, mais aussi à bien des États et des investisseurs étrangers, la population est prise en otage. Leur libération doit devenir la tâche de tous.

Si les coups d’Etat militaires sont, désormais, unanimement condamnés par la communauté internationale, l’Afrique en connaît d’autres qui ne disent pas leur nom. Quand un régime se maintient au pouvoir au mépris du principe d’alternance prévu dans les textes, ce sont de véritables putschs contre les institutions, à reconnaître et à sanctionner comme tels.

Prétendre démocratiser des régimes autoritaires par d’amicales pressions étrangères
relève, au mieux, de l’illusion. Car la démocratie est affaire de conquête. Un peu partout au sud du Sahara, les sociétés civiles l’ont compris, manifestant, parfois au péril de leur vie, une soif irrépressible de liberté. Voilà les démocrates qu’il nous revient, en Afrique comme en Europe, de soutenir et de protéger.

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