Trois idées reçues sur la finance solidaire

Publié le par Etienne Lozay

 

► « Il n’y a pas de différence entre finance solidaire et investissement socialement responsable »

FAUX

S’ils répondent à une même volonté – remettre un peu d’éthique dans son épargne – l’investissement socialement responsable (ISR) et l’épargne solidaire divergent largement. Le premier est un placement qui vise à concilier performance financière et impact social et environnemental, en finançant des entreprises et entités publiques qui contribuent au développement durable. Ainsi peuvent se trouver dans ces fonds ISR des actions de sociétés du CAC 40 comme des emprunts d’État…

L’épargne solidaire est plus restrictive : elle est d’abord un moyen de financement des entreprises sociales, ces structures essentiellement actives dans le logement social, la solidarité Nord-Sud, l’insertion de personnes en difficulté et les énergies renouvelables. Conséquence, le marché de l’ISR est beaucoup plus développé : 223 milliards d’euros en 2014, contre 6,8 milliards pour l’épargne solidaire. Une différence qui s’explique aussi par la présence de nombreux investisseurs institutionnels dans l’ISR.

► « Les produits de finance solidaire ne rapportent rien »

FAUX

Il n’existe pas de statistique globale sur les performances financières de l’épargne solidaire et il est évident que ce n’est pas là qu’un épargnant peut faire fortune. Mais investir solidaire, ce n’est pas faire don de son argent. Schématiquement, il existe trois types de placement solidaire :

> Les fonds dits « 90/10 », parce qu’investis à 90 % dans la finance traditionnelle (en fait, le plus souvent ISR) et à 10 % dans des entreprises solidaires ;

> Les investissements en direct, à 100 % au capital d’une structure solidaire ;

> L’épargne dite « de partage », dans laquelle le souscripteur accepte de partager une partie de ses intérêts avec une association de son choix.

Dans chacun des cas, les placements rapportent généralement quelques intérêts. Et la fiscalité avantageuse qu’ils procurent compense, au moins en partie, le rendement inférieur.

► « Ce sont des placements risqués »

VRAI et FAUX

Vrai parce que les entreprises solidaires sont le plus souvent de petite taille. Or, investir dans des PME n’est, sur le papier, pas sans risque.

Mais il existe des garde-fous. Dans le cas de l’épargne de partage, le capital est généralement garanti (pour les livrets, pas pour les FCP), tandis que dans les fonds 90/10, 10 % de l’épargne au maximum est investie dans ces structures. Seuls les investissements en direct sont donc à « 100 % solidaires ».

Mais l’expérience montre que les structures ainsi financées sont solides, qu’elles ont traversé la crise beaucoup mieux que d’autres. Le risque réel est donc limité.

 
 
 

Publié dans economie sociale

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