L’accueil des réfugiés comme expression de la Liberté

Publié le par Etienne Lozay

Merci au journal Libération ! Dans son édito du 21 août, Laurent Joffrin nous rappelle une exigence de la liberté, de la liberté à la française. Sur la statue de la Liberté que la France offrit aux USA en 1886, quelques vers furent gravés en souvenir de l’arrivée massive de migrants européens sur les côtes américaines : «  Donnez-moi vos pauvres, vos exténués qui en rangs pressés aspirent à vivre libres… Envoyez-les-moi les déshérités, que la tempête m’apporte. J’élève ma lumière et j’éclaire la porte d’or ! ».

Un élan généreux me direz-vous, vous qui êtes depuis des lustres bercés par la droite comme par la gauche par les sirènes de la peur, du repli, de la fermeture et auxquels on ne propose que de construire des murs.

Et bien non. L’intelligence peut se marier avec l’honnêteté, le réalisme avec la générosité, la politique avec l’accueil des exclus. La seule politique , la seule stratégie réaliste et morale face aux conflits meurtriers qui ont conduit 2 millions de réfugiés en Jordanie, et un million et de demi au Liban, consiste à consacrer nos millions d’euros non en priorité à la chasse aux tricheurs mais à la mise en œuvre effective de l’exigence d’accueillir les réfugiés selon les normes internationales qui ont fait notre fierté.

Oui il est possible d’installer des lieux d’accueil de ceux et celles qui demandant l’asile ; oui il est possible d’instaurer des mécanismes d’examen rapide de ces demandes. Oui il est possible pour l’Europe de 5OO millions d’habitants « d’accueillir » un millions d’enfants, de femmes et d’hommes ». Un tel choix ne constituera en rien le fameux appel d’air tant redouté.
Ces êtres humains n’ont pas attendu un quelconque appel pour se mettre en route. Ils sauvent leur peau !

Non seulement c’est possible mais nous, nous y sauverions notre âme.

Guy Aurenche, Président du CCFD-Terre Solidaire

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