Les évêques du monde entier demandent un « accord contraignant » à la COP21

Publié le par Etienne Lozay

Un appel pour un « accord mondial juridiquement contraignant » limitant le réchauffement climatique a été lancé de manière inédite par les présidents des conférences épiscopales des cinq continents

« Nous, cardinaux, patriarches et évêques... » Les dirigeants des conférences épiscopales d’Asie, d'Amérique latine (Celam), d'Afrique (Secam), d'Europe (Comece et CCEE) de l'Océanie et d'autres pays ont présenté ensemble, le 26 octobre au Vatican, un appel commun aux négociateurs participant à la conférence intergouvernementale sur le climat (COP21), prévu le mois prochain à Paris.

Signé devant la presse au nom de ses homologues par l’archevêque de Bombay, le cardinal Oswald Gracias, qui préside la conférence des évêques d'Asie, le texte lance un appel en dix points. En particulier que l'accord négocié à Paris limite la hausse de la température planétaire par « un accord mondial juridiquement contraignant, assorti d'engagements et de mesures d'atténuation par tous les pays ». Plus largement, les représentants de l'Église catholique souhaitent « un accord mondial transformationnel et juridiquement contraignant qui s'appuie sur notre vision du monde ». Ces demandes, non chiffrées, sont formulées alors qu'il n'apparaît pas certain que la COP21 aboutisse à un accord contraignant.

Au-delà de la conférence de Paris, les signataires de l’appel espèrent qu'un accord « enclenche une démarche d'adaptation » envers les « communautés les plus vulnérables ». Élaboré en collaboration avec les ONG fédératives catholiques Caritas et Cidse (réseau des agences catholiques de développement), l'appel demande aussi « l'implication des populations les plus pauvres, les plus vulnérables et les plus touchées à tous les niveaux du processus décisionnel ».

Énergie renouvelable

Le texte se prononce pour que « tout un chacun (ait) accès à une énergie renouvelable, saine, fiable », une manière implicite de demander qu’elle ne soit pas nucléaire.

S’inscrivant dans la continuité de l'encyclique du pape François, Laudato si', qui lie protection de l'environnement et des plus pauvres, l'appel manifeste une mobilisation sans précédent de l'Eglise catholique à l'approche d'une conférence sur le climat. « Il n'y avait pas eu une telle implication avant la conférence de Copenhague en 2009 », a rappelé le climatologue belge, Jean-Pascal van Ypersel, ancien vice-président du Giec, invité à la conférence de presse.

Une démarche commune réunissant pour la première fois les conférences épiscopales des cinq continents, le vice-président de la Comece, Mgr Jean Kockerols, évêque-auxiliaire de Malines-Bruxelles, y voit un « exemple de collégialité » ainsi que de collaboration entre conférences des évêques et ONG catholiques. Pour le cardinal Gracias, c’est aussi une illustration de « décentralisation » voulue par le pape François durant le synode des évêques sur la famille.

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