Sahel‬ : UN NOUVEAU PROJET POUR DEVELOPPER L’AGRO-ECOLOGIE

Publié le par Etienne Lozay

De nos jours, la région du Sahel connait une forte pression sur ses ressources naturelles. La population est en forte croissance avec comme corollaire un déficit d’accès aux services sociaux de base.

Ces réalités cumulées à la fragilité de l’écosystème et aux effets de certaines pratiques culturales ont eu pour conséquence la baisse continue de la fertilité de nombreuses terres. L’amélioration des pratiques des exploitations familiales doit s’adapter pour répondre aux différents enjeux alimentaires et environnementaux.

Ces 10 dernières années, de nouveaux défis se sont présentés au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), à Terre de solidarité, à Solidarité internationale pour le développement et l’investissement (SIDI) et à leurs partenaires dans la mise en œuvre de leurs initiatives de développement agricole et de structuration des tissus économiques locaux.

Ces organisations ont cherché à répondre à deux problématiques essentielles : quelles conditions pour permettre à ces initiatives de devenir des catalyseurs d’une transformation plus large du territoire ? Quelle relation société-environnement pour permettre aux populations de vivre durablement et bien sur leur territoire ? CCFD, Terre de solidarité et SIDI ont ainsi élaboré le Programme d’appui aux initiatives économiques contribuant à une transformation écologique et sociale des territoires ruraux (PAIES) dans les régions du Sahel et des Grands lacs.

D’une durée de 18 mois et mis en oeuvre par 13 partenaires, le PAIES va promouvoir un processus de transformation sociale et écologique des territoires ruraux des régions du Sahel et des Grands lacs permettant aux populations de ces zones rurales de vivre bien, tout en étant solidaires d’autres territoires. Le programme se propose de soutenir des expérimentations locales en matière d’agro-écologie pour améliorer la fertilité des terres et la diversité des semences paysannes agricoles.

Financé par l’Agence française de développement (AFD) et le ‪#‎CCFD‬, le PAIES était hier au centre d’un forum sur l’agro-écologie organisé par le Comité catholique contre la faim et le développement, l’Institut de recherche pour la promotion des alternatives de développement (IRPAD) et Terre de solidarité. Présidé par le chef de cabinet du ministère de la Recherche scientifique, Abdoulaye Diakité, le lancement du programme a eu lieu à l’hôtel Colombus à Hamdallaye ACI 2000.

Ce forum de l’agro-écologie qui prend fin samedi va débattre des enjeux de l’approche agro-écologique au Sahel et élaborer les perspectives du PAIES. Il doit traiter de la gestion de la fertilité des sols, de la question fondamentale des semences avec les modifications récentes des législations, des enjeux liés à l’aval de la production agro-écologique autour de la transformation, la commercialisation et la consommation. Il sera question de filières plus localisées, de produits du territoire, des enjeux du financement de l’agro-écologie et des solutions appropriées pour ce financement.

Le séminaire regroupe des participants venus du ‪#‎Burkina‬-Faso, de ‪#‎Côte‬ d’Ivoire, de ‪#‎France‬, de Guinée, du ‪#‎Mali‬, du ‪#‎Niger‬, du ‪#‎Sénégal‬ et du ‪#‎Togo‬.

L’information, la formation des participants sur les aspects conceptuels et les enjeux liés à l’agro-écologie au Sahel (gestion de la fertilité et des nuisibles, accès diversifié aux semences paysannes, commercialisation et financement), la présentation et le partage des expériences en matière de pratiques agro-écologiques dans le Sahel et des éléments de perspectives pour la mise en œuvre du PAIES au Sahel sont des résultats attendus du forum.

Jugeant que le lancement du ‪#‎PAIES‬ venait à point nommé, le chef de cabinet du ministère de la Recherche scientifique a rappelé qu’il intervenait deux mois après la tenue de la COP21 à Paris. La présente conférence, dira-t-il, fait le lien entre le climat et l’agriculture. Abdoulaye Diakité a précisé que le Programme d’appui aux initiatives économiques contribuant à une transformation écologique et sociale des territoires ruraux, est le résultat d’un partenariat entre les organisations paysannes comme l’AOPP, le RHK au Mali, les fédérations « Mooriben FCMN » du Niger, l’UBTEC et la coopérative « Viim Baoré » du Burkina Faso.
S. Y. WAGUE, journal L'Essor du 19 février 2016

Commenter cet article