Les trous noirs du libéralisme économique

Publié le par Etienne Lozay

Golias Hebdo

 

Les trous noirs du libéralisme économique L ' affaire des Panama Papers , ce sont des centaines de milliards d ' euros de richesse collective confisqués par des multinationales ou des particuliers fortunés . Recourir à des paradis fiscaux n' est pas a priori illégal . . . condition de déclarer ses avoirs . Mais force est de constater que les flux financiers qui transitent dans ces territoires offshore passent par des sociétés écrans qui dissimulent l ' identité de leurs véritables propriétaires grâce à des prête-noms , souvent des proches . Derrière des montages financiers sophistiqués , se dissimule l ' évasion fiscale , le blanchiment de l ' argent de la corruption , ainsi que l ' argent issu de trafics internationaux , armes , drogues ou migrants.

Un coup de projecteur est donné sur un discret cabinet d ' avocats situé dans un pays où le quart de la population vit sous le seuil de pauvreté . Comme un symbole d ' accaparement des richesses par une minorité peu soucieuse du bien commun . Pas moins de 202 pays sont concernés , 511 banques sont impliquées , ainsi que 12 chefs d ' Etat , 148 responsables politiques et hauts fonctionnaires , 29 milliardaires , 1000 Français , 25 entreprises françaises

. . Mais le Panama est un paradis fiscal parmi d ' autres , et si les quelque 11 ,5 millions de fichiers étudiés par le Consortium international des journalistes d ' investigation sont presque une goutte d ' eau dans la mer , ils donnent une idée de l ' évasion fiscale au niveau mondial . Et des bonnes âmes de s' indigner , alors que tout ceci est connu depuis fort longtemps . Et les sociétés écrans sont sans doute sous des cieux lointains , mais tout près de nous une convention fiscale , adoptée en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy , permet au Qatar et ses entités publiques d ' être exonérés d ' impôt sur leur plus-values immobilières . Un petit exemple auquel on pourrait ajouter d ' autres accords fiscaux avec le Koweit et les « biens mal acquis » de quelques dictateurs africains qui sont investis en France. A chacun son petit paradis , serait-on tenté de dire.

Les banques sont au coeur de ce système planétaire d ' évasion fiscale en jouant un rôle d ' intermédiaire , et recourent elles-mêmes à des territoires offshore pour réduire leurs propres impôts , comme le démontrent le CCFD-Terre solidaire , Oxfam et le Secours catholique dans leur rapport du 16 mars intitulé « Sur la piste des banques françaises dans les paradis fiscaux» . Y a-t-il une réelle volonté politique pour s' attaquer au problème et étendre aux entreprises multinationales l ' obligation faite aux banques de rendre publiques les données relatives à leur activité ? Malgré les révélations des Panama Papers , la Commission européenne vient de faire une proposition de directive pour les entreprises qui ne concernera que 10 %% d ' entre elles et seulement les paradis fiscaux qui figurent sur la liste de l ' Union européenne . Autant dire une invitation bien choisir son territoire.

Dans la foulée , le Parlement européen adoptait le 14 avril la directive sur le secret des affaires qui s' annonce comme un nouveau droit l ' opacité pour les multinationales . . à la veille du procès des lanceurs d ' alerte Antoine Deltour et Edouard Perrin au Luxembourg , dont l ' ouverture est prévue le 26 avril . Comme le savent bien ceux qui ont vu La Folie des grandeurs , sorti sur les écrans en 1971 , les impôts sont pour les pauvres , et c' est à peine carticatural. Le scandale de l ' évasion fiscale n' est rien d ' autre qu' une dérive du capitalisme , une forme de libéralisme économique qui ne sert que les intérêts des entreprises multinationales . Il intervient au moment où l ' austérité frappe nombre de citoyens et où la loi El Khomri va accroître les difficultés des salariés Golias ( Illustration de la Une: Dit)

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