En France, les jeunes habitants des bidonvilles privés d’école

Publié le par Etienne Lozay

Pour certains, ils sont loin d'être la préoccupation numéro un. Mais pas pour nous !

Accompagné de nombreuses autres organisations, le CCFD-Terre Solidaire se mobilise pour ces 9 000 enfants et adolescent-e-s qui vivent hors des radars de l'administration française.

 

 
 
 
 
Le Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation a réalisé une étude, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, permettant de mieux comprendre le faible et très préoccupant taux de scolarisation des jeunes des bidonvilles âgés de 12 à 18 ans. Face à un phénomène récurent depuis plusieurs années, le rapport veut contribuer à sortir ces jeunes déscolarisés de leur invisibilité et pousser les autorités locales et administratives à prendre leurs responsabilités.
 

Depuis sa création, le Collectif pour le Droit des enfants roms à l’éducation (CDERE) alerte à chaque rentrée scolaire sur le nombre d’enfants qui, malgré une réglementation claire, sont exclus du système scolaire, en raison soit des expulsions de leurs familles de leurs lieux de vie, soit pour des motifs fallacieux tels l’absence de justificatif de domicile.

Cette situation concerne des enfants de tous âges : primaire, collège ou lycée. Cependant, la scolarisation des adolescents (âgés entre 12 et 18 ans), habitant ces lieux précaires est moins bien connue.

L’enquête révèle que 85 des 161 jeunes interrogés dans 34 bidonvilles et squats ne vont pas à l’école, soit plus de la moitié. Et la situation est probablement bien pire dans les bidonvilles qui ne font pas l’objet d’un suivi associatif. On est très loin du taux de scolarisation national observé en France : 93% chez les jeunes de cette même tranche d’âge.

L’enquête du CDERE démontre que l’invisibilité de ces jeunes est révélatrice d’un système discriminatoire qui les exclut et amplifie la stigmatisation dont ils sont l’objet. Pour les jeunes filles, le rapport évoque l’enjeu de la scolarisation qui favorise un retardement de l’âge du mariage. Les mariages précoces contribuant à la perpétuation de leur exclusion et de celle de leurs familles.
Pour tous, la scolarisation reste le meilleur moyen de sortir un jour du cercle vicieux de la pauvreté et de l’exclusion.

Malgré un droit universel à l’éducation et le désir manifesté par les enfants et les jeunes d’aller à l’école, un nombre très important d’entre eux sont aujourd’hui en France, exclus du système scolaire, et donc de la formation et de l’emploi.

En publiant cette étude, le CDERE veut contribuer à la réflexion et à l’action envers les jeunes, et faire en sorte que "les institutions concernées cessent de nier leur existence".
Et pour cela, le CDERE formule plusieurs recommandations permettant de remédier à cette situation et exige a minima que :

- les maires procèdent aux recensements de tous les enfants en âge d’être scolarisés sur leurs communes sans distinction aucune ;

- que des circuits courts soient organisés pour l’inscription dans les collèges et lycées , de telle sorte que les ados concernés ne soient pas contraints à attendre dans la rue.

Télécharger le rapport :

PDF - 1.4 Mo

Pour en savoir plus :
Voir le communiqué de presse du CDERE sur le site de Romeurope

Les membres du Collectif pour le droit des enfants roms à l’éducation – CDERE :
ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASEFRR (Association de Solidarité en Essonne avec les Familles Roumaines & Roms) – Aset 93 (Association d’Aide à la Scolarisation des Enfants Tsiganes) – Aset 95 – Association Romeurope 94 – Association Solidarité Roms de Saint-Etienne – ATD-Quart monde – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squats) – CLIVE (Centre de Liaison et d’Information Voyage Ecole) – Collectif de soutien aux familles roms de Roumanie 95 – Collectif Romeurope du Val Maubuée 77 – Collectif Roms de Montpellier – Collectif Romeurope 92 Sud – Collectif Romyvelines – DEI-France (Défense des Enfants – International) – Ecodrom – FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) – FERC-CGT (Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture) – Gisti – Hors la Rue – Intermèdes Robinson – L’école au présent – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – RESF (Réseau Education Sans Frontière) – Scolenfance – Secours Catholique (Caritas France) – SNPI-FSU (Syndicat national des personnels d’inspection) – SNUipp-FSU (Syndicat National Unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc-Fédération syndicale unitaire) – Sud Éducation. Ainsi que des militant-e-s en faveur des droits des enfants.

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