Présentation de la FEC

Publié le par Etienne Lozay

 

FEC : Fundacion ecumenica de Cuyo


 Fondée il y a 40 ans par des pasteurs, prêtres et chrétiens de tout bord en exil, la FEC a dès son origine pour vocation d’être la « maison de tous les militants sociaux ». La FEC revendique le fait d’être fondée sur les principes de l’œcuménisme : option pour les plus pauvres, dialogue et respect de la différence, dialogue social au cœur de la démarche. La FEC a développé plusieurs axes de travail :
1- Droits humains : pendant la période de la dictature, la FEC a travaillé dans la clandestinité auprès des réfugiés et militants persécutés (elle a notamment accueilli de nombreux réfugiés chiliens ; ainsi qu’avec les mères des enfants kidnappés par les militaires). La FEC accompagne également l’association des mères d’enfants disparus (appropriés par les militaires) et a appuyé des campagnes de mobilisation pour retrouver les enfants à Mendoza.          
2- Education populaire : le travail d’éducation populaire est organisé par territoires et par thématiques dans la région de Mendoza (zones urbaines et rurales). Il s’agit de renforcer les espaces collectives dans une perspective DH :

- à la fois renforcer les organisations de base et renforcer les capacités individuelles (femmes - des quartiers populaires, femmes des zones rurales), et également faire le lien entre différents espaces de débats, mettre en réseau au niveau provincial, être une instance de plaidoyer et rendre ainsi visible certains thèmes (genre, traite, etc.) notamment dans le cadre du programme Mercosur.           

3- Centre de documentation et formation politique : en lien avec l’université de Cuyo,                la FEC a développé un centre de ressources documentaire sur les sciences sociales et politiques dans une perspective latino-américaine. Le fond s’est constitué à partir de donations. Pour mieux faire connaitre et garder l’histoire de la Dictature et des violations de droits humains perpétrés, la FEC tente de digitaliser les archives et de recueillir des histoires de vie. Il se veut être un espace de réflexion politique en lien avec d’autres espaces institutionnels.             

Au niveau du Programme Migrants, la FEC a conduit une première étude en 2011 sur la situation des migrants dans la région de Mendoza (secteur de la construction, travail agricole et commerce). En 2014, la FEC a conduit une seconde étude sur l’application de la loi migratoire adoptée en 2003. L’étude de la FEC de 2014 a montré que cette loi est très peu connue des institutions : INADI Institut National contre les Discriminations ; RENATRAR Registre National des Travailleurs Ruraux, Direction de la Migration, Programme Contre les Traites des Personnes, Hôpitaux publics, écoles, etc.

Activités de la FEC auprès des migrants :            
- Travail pour l’intégration sociale des familles migrantes dans le quartier.          
Au départ, il s’agissait d’un programme lancé par le Ministère du Développement, en partenariat avec les organisations de la société civile. Des espaces de rencontres entre associations civiles, organisations communautaires, unions de voisins, etc. Il est très vite apparu de la majorité de la population était migrante.

A la fin du programme de travail du Ministère, la FEC, en partenariat avec la Fondation Cardinal Leger, a donc choisi de continuer à travailler avec cette population, dans une perspective d’intégration et de cohésion sociale. Cette première expérience permettait d’assurer une continuité, avec un focus spécifique migrations. Des séances de sensibilisation et d’information ont été organisées dans les écoles, centres de santé, sur la loi, et sur les modalités d’obtention des permis de résidence. Trois promoteurs DH ont été formés pour accompagner les familles migrantes. (L’INM Institut National de la Migrations n’acceptant pas les intermédiaires pour les dépôts demande de régularisation, l’objectif est de former les gens). Pour construire la cohésion sociale dans les quartiers, des ateliers de peinture et de musique andine sont alors organisés.      

En 2012, par manque de moyens, les activités sont interrompues mais les liens sont maintenus avec les familles. Depuis 2013, les activités ont repris grâce à l’appui du Ccfd :    

Exemples d’activités (cf. Photos) :

- dans le quartier de Belgrano, un travail de cohésion sociale est fait avec les mères/ filles boliviennes. Elles se réunissent chaque week-end pour partager leur expérience (droits des femmes migrantes, discriminations, etc.) et partager des activités de tissage traditionnel[1]. L’idée est à la fois de construire des espaces de vivre-ensemble, de permettre aux femmes de sortir de leur environnement restreint pour partager avec d’autres, et de créer un espace de plaidoyer local en les renforçant dans la connaissance de leurs droits. Dans ce même esprit et dans la continuité des années antérieures, la FEC travaille également dans une école primaire où elle organise aux heures creuses des ateliers artistiques infantiles.

Est aussi organisé un travail plus institutionnel, avec la tenue régulière d’une journée sur la loi migratoire, en présence des institutions qui devraient garantir l’application de cette loi. Fin 2014, la FEC a ainsi organisé à Mendoza un Forum ouvert sur les droits des migrants avec l’INADI.
Il s’agit donc d’un travail dans une double-perspective :               
- reconnaissance culturelle, valorisation de l’identité, occupation de l’espace public, mobilisation de la communauté ;  
- sensibilisation à la loi auprès des institutions publiques et des migrants.           

Enfin, la FEC travaille dans ce quartier en partenariat avec le CDIF, centre d’éducation non formelle, qui accueille principalement des enfants d’origine étrangères : 60% sont de nationalité bolivienne, 80% sont enfants de boliviens ou de péruviens, tous sont originaires des peuples indigènes des Andes. Le CDIF accueille 235 à 250 enfants chaque jour, beaucoup sont en situation de vulnérabilité ou de violence forte.            
Le CDIF est à la fois une école complémentaire de l’école publique, et une école alternative pour les enfants travailleurs. C’est un lieu de rencontre, avec les institutions, le Maire et les autres écoles. C’est un lieu référent.       Le consulat y vient pour remplir les registres d’état civil.         
La FEC et le CDIF conduisent plusieurs activités conjointes : ateliers de peinture, organisation de la journée de la femme avec les mamans boliviennes, etc.

- dans la zone de Hugarteche (zone rurale à 40km au sud de Mendoza) , la FEC travaille avec un groupe de producteurs horticulteurs, pas encore constitué en association de producteurs. L’objectif est de renforcer leurs capacités (usage des pesticides, diversification des cultures et du matériel, accaparement des terres). Il s’agit aussi de mettre en réseau ces agriculteurs avec les institutions publiques pour trouver d’autres ressources et de nouvelles formes de commercialisation. Dans cette même zone, un travail est également fait avec les femmes avec la mise en place d’ateliers de broderie andine. Il s’agit surtout d’un espace de partage, un prétexte pour sortir de la maison. Dans cette zone, il y a très peu d’institutions, et d’organisations sociales vraiment constituées, il s’agit donc de démarrer du point de départ pour créer du collectif.

 

[1] Activité très similaire à celle de notre partenaire à Gennevilliers, Mes-tissages.

Publié dans Carême 2017

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