Rescapées de Boko Haram

Publié le par Etienne Lozay

Les victimes de Boko Haram se comptent par millions, au Nigeria. Le photographe Chris de Bode est parti à Yola pour raconter leur histoire. Parmi elles, des filles âgées de 4 à 20 ans.

Stella, 13 ans. Les traumatismes vécus par les déplacés sont profonds. Parfois, les jeunes filles comme Stella, préfèrent garder le silence sur leur souffrance. « Comment je suis arrivée ici, qu’est-ce qui m’est arrivé ? Je préfère garder cela pour moi. C’est trop dur de parler de ça, dit-elle. Je peux seulement vous dire que je suis sauve ici, avec mes parents, mes frères et mes sœurs. »

 

Stella, 13 ans. Les traumatismes vécus par les déplacés sont profonds. Parfois, les jeunes filles comme Stella, préfèrent garder le silence sur leur souffrance. « Comment je suis arrivée ici, qu’est-ce qui m’est arrivé ? Je préfère garder cela pour moi. C’est trop dur de parler de ça, dit-elle. Je peux seulement vous dire que je suis sauve ici, avec mes parents, mes frères et mes sœurs. » / Chris De Bode/LAIF-REA

DIAPORAMA

A l’origine de sa série sur les victimes de Boko ­Haram, une invitation de la Dutch Relief Alliance (DRA), une ONG spécialiste des interventions humanitaires en zone de crise. Chris de Bode, photographe connu pour sa passion du football et du cyclisme en Afrique, couvre des sujets humanitaires depuis son travail sur l’impact du sida sur les enfants en Afrique du Sud, en 2008.

Avec la DRA, il s’envole à Yola, dans l’est du Nigeria pour y photographier les déplacés ayant fui Boko Haram. « Ils sont quelque 2,6 millions de personnes à avoir quitté leurs foyers à cause de cette insurrection, constate-t-il, ils se sont soit réfugiés à l’étranger, soit déplacés à l’intérieur du Nigeria comme à Yola. »

Des milliers d’enfants disparus dans le nord-est du Nigeria

Ils survivent dans des régions pauvres, dans des installations précaires et peu équipées. Et tous ont vécu des histoires terribles. Celles des enfants, en particulier des filles, sont spécialement dramatiques : violées, mariées de force, vendues, réduites à l’état d’esclaves.

« Depuis le début de l’insurrection, des milliers d’enfants ont disparu dans le nord-est du Nigeria. Les islamistes les enlèvent pour mener leur guerre asymétrique », explique le photographe. « Les filles, dont les plus jeunes ont huit ans, peuvent aussi être utilisées dans des attaques suicides », déplore-t-il.

Dossier : Boko Haram

À Yola, Chris de Bode a aussi trouvé un formidable élan de générosité pour ces déplacés : « Près de 90 % ont trouvé refuge chez des particuliers. Ils partagent leur foyer, leur nourriture, l’eau. Ils prodiguent leur amitié et leur affection. » Une leçon de vie, pour le photographe : « L’hospitalité que j’ai vue à Yola devrait être un exemple pour le monde entier. Mes photos montrent que les hommes, quels que soient leurs moyens et leurs conditions de vie, sont capables de se soutenir les uns, les autres, par la seule force de leur humanité. »

Photos : Chris De Bode/LAIF-REATexte : Laurent Larcher
 

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