Clameur(2) : La culture du déchet

Publié le par Etienne Lozay

« La culture du déchet affecte aussi bien les personnes exclues que les choses, vite transformées en ordures. » (§22), dénonce le pape François. C’est toute notre relation au monde, et donc aux autres, qui est à repenser.

Ces relations biaisées se fondent sur nos habitudes de consommation. La valeur d’une chose ou d’une personne se réduit souvent à l’assouvissement de nos désirs. « C’est la même logique du “utilise et jette”, qui engendre tant de résidus, seulement à cause du désir désordonné de consommer plus qu’il n’est réellement nécessaire. » (§123) Nous utilisons, et nous jetons. Cette relation au monde est-elle durable ? « Déjà les limites maximales d’exploitation de la planète ont été dépassées, sans que nous ayons résolu le problème de la pauvreté. » (§27)

A l’inverse, le pape propose de prendre exemple sur saint François d’Assise, figure de pauvreté choisie et de contemplation de la beauté du monde. À son école, les éléments, les animaux, tout le créé devient « frère » et « sœur », dans une véritable communion dans l’amour du Père. « La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d'usage et de domination. » (§11) Si nous ne sommes pas tous appelés à vivre la même radicalité que François d’Assise, la culture du déchet nous concerne concrètement dans notre vie quotidienne, et la modification de nos habitudes est un changement à portée de main !

Sur le seuil

Que ressentons-nous lorsque nous sommes "utilisés et jetés", lorsque nous sommes rejetés, lorsque la culture du déchet s'inscrit dans nos chairs ? Ici témoignent Josiane, Kamel et Gérard. Josiane a connu la prostitution pendant 40 ans. Kamel et Gérard ont vécu la galère de la rue durant plusieurs années.

Ces témoignages ont été recueillis grâce à l'association Aux captifs la libération.

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