Climat : premier test international pour Emmanuel Macron

Publié le par Etienne Lozay

Paris, mardi 9 mai 2017 - Alors que la France vient d'élire son nouveau président de la République, les négociations sur la mise en œuvre de l'Accord de Paris viennent de s'ouvrir pour deux semaines à Bonn. Emmanuel Macron a indiqué à plusieurs reprises vouloir faire de la mise en œuvre de l'Accord une priorité pour l'action française à l'international. A la veille de sa prise de fonction, le CCFD-Terre Solidaire reste vigilant à ce que l'on passe des paroles aux actes.

Dans son programme, Emmanuel Macron reconnait que « le changement climatique nous oblige à repenser notre organisation et nos modes de vie » et que « nous devons forger un nouveau modèle de production et inventer de nouvelles façon [...] de nous nourrir, de produire ». Il est urgent aujourd'hui qu'il précise de quelle manière la France portera ces messages dans l'instance onusienne dédiée au climat ; et ce d'autant plus dans un contexte de relations internationales incertaines avec un risque de désengagement de la part des Etats-Unis. En effet, si l'administration Trump décidait de se retirer de l'Accord de Paris, les responsabilités de la France et de l'UE dans sa mise en œuvre seraient d'autant plus grandes. Une forte impulsion donnée par le nouveau président français à ce chantier prioritaire semble donc plus que jamais essentielle face à l'urgence climatique à laquelle font face, en première ligne, les paysan.ne.s du monde entier.

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un statu quo persistant des Etats dans les négociations sur la question de l'agriculture dans la lutte contre les changements climatiques, alors même qu'une redéfinition de nos systèmes alimentaires s'impose plus que jamais. Réorienter une agriculture et un système agro-alimentaire qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre vers un système alimentaire qui permet de s'adapter aux dérèglements climatiques tout en étant respectueux de l'environnement et des paysan.ne.s doit être l'une des priorités de la mise en œuvre de l'Accord de Paris. Alors que ce dernier prévoit dans son préambule de respecter les droits humains et de sauvegarder la sécurité alimentaire, une mise en œuvre concrète de ces principes reste indispensable. Ceci notamment face au risque d'une financiarisation et privatisation accrue des « solutions » développées dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques. Les risques que font peser la multiplication des initiatives dédiées au sol en sont un exemple. Plus de 70 organisations de la société civile, dont le CCFD-Terre Solidaire, ont ainsi alerté sur ce danger[1].

« Alors qu'Emmanuel Macron s'apprête à faire son entrée à l'Elysée, cette première rencontre internationale, suivie par les réunions du G7 et du G20en juin, aura ainsi valeur de test. Saura-t-il faire primer les droits fondamentaux tels que le droit à l'alimentation et le droit à un environnement sain sur des impératifs commerciaux imposés à des agricultures en souffrance ? », interroge Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer Souveraineté alimentaire-Climat au CCFD-Terre Solidaire et présente à Bonn du 5 au 12 mai.

 

[1] Manifeste « Nos terres valent plus que du carbone », avril 2017.

Publié dans COP 21

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