Accord plein de bonne volonté au G20 agricole

Publié le par Etienne Lozay

 

24/06/2011  

Terre . Le plan de lutte contre la spéculation sur les denrées alimentaires, voté hier, ne sera pas coercitif.

Par VITTORIO DE FILIPPIS

Certes, tout reste encore à faire. Mais c’est officiel : l’agriculture est devenue une priorité de la gouvernance mondiale. Après huit mois de négociations, les vingt économies les plus puissantes de la planète ont trouvé hier à Paris un accord qualifié d’«historique» par la France pour lutter contre la volatilité des prix agricoles.

Chinois, Américain, Australien, Indien, Argentin, Brésilien… pas un seul ministre de l’Agriculture n’a finalement levé la main pour rejeter l’une ou l’autre des propositions de la présidence française du G20. Elle avait annoncé la couleur : «Ce sera tout ou rien… Pas de demi-mesures.» C’est donc tout. «Pari gagné», martèle donc en substance le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire.

Pour lutter contre la volatilité des prix agricoles, Paris avait proposé un plan d’action fondé sur cinq «piliers» : réinvestir dans l’agriculture mondiale pour «produire plus et mieux» ; accroître la transparence des marchés ; améliorer la coordination internationale pour prévenir et gérer les crises ; développer des outils de gestion du risque lié à la volatilité des prix ; réguler les marchés financiers des matières premières agricoles (lire Libération de mercredi).

L’accord trouvé hier à Paris est un «bon début» pour s’attaquer à la volatilité des prix et prévenir les crises alimentaires. «Mais il reste trop timide, en misant sur la bonne volonté», estiment de nombreuses ONG qui préfèrent parler d’accord a minima. Elles doutent, par exemple, que la Chine ou l’Inde donnent, sans y être contraintes, des informations sur le niveau de leurs stocks et de leurs productions, alors qu’elles s’y étaient jusqu’ici opposées, considérant qu’il s’agissait de données stratégiques. «Sans contraintes, les Etats n’agiront pas durablement. Ces mesures risquent de rester lettre morte», avance Maureen Jorand du Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre solidaire. «S’il n’y avait pas eu d’accord des ministres de l’Agriculture, il n’y aurait rien eu du tout», répond Bruno Le Maire. «Cet accord est une première étape», poursuit-il. «Ils n’ont pas été capables d’adopter une seule mesure visant à réformer les réglementations sur les agrocarburants», regrette Oxfam, qui estime que 40% de la production de maïs américain est destinée à la production d’éthanol plutôt qu’à l’alimentation humaine.

Publié dans G8-G20

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