Le CCFD appelle les candidats à signer un pacte solidaire

Publié le par Etienne Lozay

Le CCFD-Terre solidaire a appelé jeudi 2 février les candidats à l’élection présidentielle à signer son Pacte pour une Terre solidaire.

L’organisation met l’accent sur la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux, qui privent les États de recettes pouvant financer leurs politiques publiques.

Qu’est-ce que le CCFD-Terre solidaire attend de cette initiative ?

Le CCFD demande aux candidats de s’engager sur des mesures concrètes pour «  reprendre le contrôle de l’économie mondiale et construire un monde plus juste ». L’organisation a dévoilé hier un Pacte pour une Terre solidaire, que les prétendants à l’Élysée sont invités à intégrer dans leur programme. 

Seize mesures y sont détaillées autour de quatre axes : d’abord, lutter contre l’évasion fiscale des multinationales, stopper la spéculation autour des matières premières agricoles, contrôler les pratiques des entreprises dans les pays du Sud et remettre le droit au cœur des politiques migratoires. Des thèmes que les politiques abordent, mais de manière insuffisamment détaillée, explique Mathilde Dupré, experte au CCFD. 

Par ailleurs, l’organisation appelle également les citoyens à s’emparer du pacte pour l’envoyer au candidat de leur choix. L’idée est de « pousser les politiques à prendre en main ces problèmes  », explique Bernard Pinaud, délégué général de l’ONG. Le Pacte devrait être rapidement mis en ligne sur le site du CCFD (1).

Pourquoi le CCFD met-il l’accent sur la lutte contre l’évasion fiscale ?

« Dans un contexte d’endettement public, la lutte contre l’évasion fiscale doit permettre d’apporter une réponse plus juste au problème de la dette et de continuer à financer des politiques publiques de qualité  », explique Mathilde Dupré. Les chiffres sont en effet éloquents : d’après le CCFD, la fraude fiscale représente 50 milliards d’euros par an en France. Vingt milliards impliquent des montages financiers internationaux, soit près d’un tiers du budget de l’éducation en 2011, dénonce l’ONG. 

« L’évasion fiscale pille surtout les pays du Sud, car les ressources qui leur échappent par ce biais les privent de moyens pour financer l’éducation, la santé, ou l’agriculture  », ajoute Sandra Kidwingira, du Réseau pour la justice fiscale en Afrique. Selon le CCFD, la fuite illicite des capitaux dans les pays du Sud représente plus de dix fois l’aide publique au développement, soit 800 milliards d’euros détournés vers les paradis fiscaux.

Publié dans Elections 2012

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