Souveraineté alimentaire : faire pression sur le G20

Publié le par Etienne Lozay

La France a placé la question agricole à l'agenda de sa présidence du G20 en 2011. Mais les ONG craignent que ce G20 sur les questions agricoles, qui doit se réunir du 21 au 23 juin à Paris, passe à côté des véritables réponses à apporter à la crise alimentaire qui se profile. Le CCFD, Oxfam, Peuples solidaires, la Confédération paysanne ou encore Attac se mobilisent donc pour obtenir une meilleure régulation des marchés agricoles et une véritable souveraineté alimentaire.

En particulier, ces associations demandent que des politiques internationales soient conduites dans le cadre onusien du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, afin de mettre en place un système mondial coordonné de stocks alimentaire. Elles exigent aussi des mesures strictes pour enrayer la spéculation et la volatilité des prix. Face aux opérations d'accaparement de terres agricoles dans les pays du Sud par des multinationales ou des Etats riches ou émergents, elles réclament des investissements plus responsables dans l'agriculture paysanne. Enfin, elles s'en prennent aux politiques, notamment européennes, de soutien public à outrance à la filière des agrocarburants. Ceux-ci participent à la vertigineuse hausse des prix alimentaires intervenue depuis l'été dernier, car cette production entre en concurrence avec les usages alimentaires des terres agricoles.

 

 

 

Réduire la faim dans le monde et renforcer l’agriculture paysanne et familiale supposent des réformes profondes en matière agricole, remettant radicalement en cause les politiques de libéralisation des marchés, comme celle de l’Union européenne avec la Politique Agricole Commune (PAC). Ces politiques ont provoqué spéculation, dumping social, dégradation de l’environnement et des conditions de vie des paysans et des paysannes au Nord et au Sud.


Image-G8G201.jpgAinsi, à l’heure où la France assure la présidence du G20, nous appelons le Président de la République et le Ministre de l’Agriculture à favoriser des politiques, des modes de production et de consommation durables et équitables qui permettent aux Etats d’assurer leur souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation de leur population. Ces politiques doivent :

  • soutenir et protéger l’agriculture paysanne et familiale respectueuse de l’environnement, en Europe et dans les pays du Sud
  • prendre en compte les besoins spécifiques des paysannes, nombreuses dans les pays du Sud
  • rétablir des mécanismes publics de stockage, de stabilisation des prix et de maîtrise de l’offre aux niveaux national et régional, favorisant les exploitations paysannes et familiales et garantissant un revenu stable aux agriculteurs et des prix raisonnables aux consommateurs
  • s’attaquer à la spéculation sur les produits agricoles
  • arrêter les accaparements de terre et le soutien massif aux agrocarburants
  • renforcer, réformer et démocratiser les Nations unies, afin qu’elles deviennent l’instance principale de décision de ces régulations mondiales, fondées sur la souveraineté alimentaire, la coopération et la solidarité.

 

 


Publié dans G8-G20

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